Bahia Bustamante : une pause au coeur de la Patagonie Argentine

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Sur la côte de la région du Chubut, au nord de la Patagonie se trouve un lieu isolé mais non moins charmant : un petit village privé qui vivait autrefois de la culture d’algues.

J’ai nommé Bahia Bustamante.

Aujourd’hui on y cultive toujours ces plantes marines, à plus petite échelle, et l’estancia accueille touristes et volontaires durant la saison estivale.

Je n’avais aucunement prévu d’aller à Bahia Bustamante. C’est à peine si je savais où c’était.

En fait j’ai atterri dans cette étonnante oasis de calme un peu par hasard, beaucoup à cause de Mariano, mon hôte des jours précédents.

Il avait besoin de vacances, je descendais vers le sud, il connaissait le proprio.

« Ils m’ont invité à venir mais je n’ai jamais eu le temps… Ca t’intéresse? » m’a t’il proposé. Voilà comment, quelques coups de fils plus tard, on termine dans une estancia au bout d’une piste de terre et loin de tout.

Bahia Bustamante

Une trentaine de travailleurs et volontaires y vivent au milieu des moutons, des chevaux et des autruches. Il y’a même une mini-école et une église.

Les algues récoltées servent pour l’industrie alimentaire ou cosmétique. On peut aussi les manger. C’est drôlement bon à la poêle quand on les fait revenir avec des poivrons à la sauce soja, si si !

Bahia Bustamante

A Bahia Bustamante, le temps s’égrène lentement, rythmé par des levés et couchés de soleil tous plus beaux les uns que les autres. A croire qu’ils se font compétition.

Il n’y a pas de réseau téléphonique et l’électricité est disponible uniquement de 19h à 00h. Le wifi aussi. Enfin, lui il vient plutôt quand bon lui semble , il ne faut pas trop compter dessus.

Bahia Bustamante

Nous sommes peu de touriste ces jours-ci. Dans la maisonnette d’à côté loge une jeune américaine qui voyage en solo. Elle s’appelle Liana et elle est arrivée ici en ayant tout réservé en ligne sans vraiment se renseigner sur le lieu. L’isolement l’a un peu surprise. Hé oui c’est aussi ça la Patagonie : de grands espaces…. vides. Et Bahia Bustamante y fait honneur.

Une après midi, nous sommes allés nous balader tous les trois au bout de la propriété face à la mer. On s’émerveillait gaiement spectacle que la nature nous offrait lorsque Mariano a commencé à s’agiter.

Il pointe du doigts les mouettes et cormorans qui pullulent à quelques mètres de la côte et jubile.

« Ca doit être plein de poissons ici!!! Demain je vais pêcher! »

Il est effectivement aller pêcher et il est revenu, le seau plein, la mine réjouie tout en laissant dans son sillage un doux fumet qui ne laissait aucun doute sur son activité des dernières heures.

Bahia Bustamante

Liana et moi avons préparé les accompagnements pendant que le fortuné pêcheur cuisinait avec amours ses poissons.

On a partagé ce délicieux diner avec le staff, de jeunes gens adorables et dynamiques, tout en discutant jusque tard dans la nuit.

Très tard. Trop tard pour avoir encore de la lumière alors on a allumé des bougies. Après tout ça j’ai fini emmitouflée dans trois couvertures à observer un des plus beaux ciels étoilés que j’ai pu voir jusque là. Plénitude et sérénité totale.

Bahia Bustamante

Si contrairement à Mariano on n’est pas très « pêche » aucune inquiétude, l’estancia organise divers tours dans les environs : visite d’une ile remplie de manchots de Magellan, balade à cheval, visite d’une forêt pétrifiée…

La dernière est vraiment intéressante. Après quelques minutes de route au milieu des guanacos, nandous, soros et autres habitants de la pampa, on arrive dans un lieu magnifique où presque toutes les roches sont en fait des arbres millénaires transformés  par l’action des minéraux.

Au retour, la guide nous sert matés, café et délicieux gâteaux préparés avec soins par le cuisto de l’estancia.

Bahia Bustamante

A Bahia Bustamante le temps s’égrène lentement, rythmé par le retour de l’électricité.

Il est 19h00,les lampes se rallument, le frigo se remet en marche.

Je partage une partie de ping pong avec un père et son fils, venus visiter un parent qui récolte des algues ici.C’est le principal revenu des habitants.

Minuit, les lumières s’éteignent, l’estancia plonge dans la torpeur. Il est temps d’aller se coucher.

Demain est un autre jour.

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