Autostop à travers le Nord Ouest Argentin (NOA): De Tucuman à Salta

Autostop à travers le Nord Ouest Argentin (NOA): De Tucuman à Salta

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Dans ces carnets de route, je vous livre mes petites péripéties en autostop à travers le nord ouest argentin (NOA).

 

10 août 2016, San Miguel de Tucuman

Aujourd’hui direction Famailla, capitale des empanadas située à une trentaine de kilomètres au sud de San Miguel. Un arrêt immanquable, cela va de soi.

L’expressbus coute 30 ARS pour environ une heure de trajet. De temps en temps des vendeurs ambulants profitent des arrêts du bus pour monter à bord et proposer sucreries, snacks et chocolats aux passagers.

Arrivée à destination je me met en quête de l’office de tourisme. Bien entendu j’ai faim alors je fais une hâlte dans un petit local ou un bout de femme haute comme 4 pommes m’accueille en souriant : Que te sirvo mi amor? (Qu’est ce que je te sers mon amour?)

Ils savent recevoir en Argentine c’est indiscutable.

La vitrine regorge de mets plus tentants les uns que les autres, dont l’indefectible milanesa (escalope panée). Je jette mon dévolu sur des canellonis maison fourrés au poulet et à la blette. Un délice pour seulement 40 ARS (environ 2 euros 50)

Avant d’arriver au Cabildo, qui héberge l’office du tourisme, un autre local attire mon attention. Je pousse la porte.

A l’intérieur deux hommes et une femme.

Ils m’expliquent que leur resto est normalement fermé mais m’invitent tout de même à m’approcher et nous commençons à discuter. Ce faisant ils me proposent de déjeuner avec eux. J’ai encore les cannellonis au poulet sur l’estomac mais je n’ose pas refuser. Après tout qui dirait non à des empanadas préparées dans la capitales des empanadas?

Petrona, Marcelo et Enrique se mettent à table et me désigne ma chaise. Je les rejoins en les noyant sous un déluge de remerciements.

Empanadas!

Ce que je ne sais pas encore c’est que ca ne fait que commencer.

Après ce second déjeuner, je pars me balader à quelques mètres du resto de Petrona. Juan et Gabriel tiennent une boutique d’artisanat et un stand de confiserie. Sur celui-ci des alfajores artisanales qui ont l’air succulent.

On discute, je prends des photos et avant de partir Juan m’offre quelques alfajores et des sortes de cônes au chocolat fourrés au dulce de leche.

Alfajores!

Ce doit être une conspiration contre mon foie… ou alors ils essayent de m’avoir par les sentiments à Famailla?!

Mon petit sac de confiserie à la main je visite le cabildo accompagnée de Fatima, ma guide assignée. Ce cabildo est une réplique de l’original situé à Buenos Aires qui fût le théâtre de la Révolution de Mai. Cette année l’Argentine a fêté le bicentenaire de son indépendance et Tucúman (plus précisément sa capitale, San Miguel) en était le centre. C’est en effet là que 200 ans plus tôt se déclarait l’indépendance de l’Argentine.

Après cette visite culturelle je récupère rapidement mon sac laissé aux soins de Petrona et Marcelo. Enrique m’emmène en moto à l’arrêt de bus que j’attrape de justesse.

 

Prochain arrêt : Tafi del Valle. La route passe par une forêt semi tropicale verdoyante avant de redescendre dans une vallée à l’apparence désertique : on passe de tout à rien ici.

En arrivant près de mon auberge de jeunesse je tombe sur un groupe de jeunes en train de préparer un asado, le typique barbecue argentin. Ils m’invitent à les rejoindre. Sydney, Tobias, Agustin, Marcelo et les autres joyeux lurons dont j’ai oublié le nom sont tous étudiants  à San Miguel. Ils sont venus à Tafi pour passer quelques jours entre amis loin de l’effervescence citadine.

Vers minuit, alors que la soirée bat son plein, qu’on a du s’enfiler deux pizzas chacun et chanter la moitié du répertoire de reggaeton du moment, on s’embarque dans une drôle d’expédition vers le centre-ville. Motif : il faut acheter du chocolat.

Dans la voiture Tobias m’explique très sérieusement son addiction au cacao sucré et son état de manque qui justifie de chercher un kiosco ouvert à une heure si tardive. J’ai trouvé meilleur que moi. Je manque de m’étouffer de rire.

 

11 août 2016, Tafi del Valle

Au programme aujourd’hui : une petite randonnée vers El Mollar, un village situé à une quinzaine de kilomètres de Tafi et où se trouvent de drôles de menhirs.

C’est l’occasion de tester la résistance de mon genou.

Je me mets en route vers 11h00 du matin. Le soleil est déjà bien haut et ca tape fort. Le chemin est tranquille et avec peu de dénivelé. De temps en temps une motocyclette ou un camion me double, générant un énorme nuage de poussière sur son passage. Asmathiques s’abstenir.

Les menhirs ne sont pas exceptionnels pourtant certains touristes les prennent en photo sous toutes les coutures. Définitivement je n’ai pas une grande sensibilité pour les pierres.

Au retour je fais du stop. Un gentil camionneur puis un professeur d’informatique me ramènent à Tafi.

Je m’écroule dans mon lit et dors tout le reste de l’après midi: la fête de la veille m’a épuisée.

La bonne nouvelle du jour c’est que mon genou a tenu le coup. Demain direction Amaicha del Valle.

12 août 2016 , Amaicha del Valle

Il est environ 11h00 quand je quitte Tafi pour Amaicha. C’est mon heure de prédilection on dirait.

Pour rejoindre la route principale je dois monter une énorme côte en plein soleil : dur. Moi qui voulais de la chaleur je suis servie.

Alors que je prends une graande pause histoire de reprendre mon souffle, j’aperçois des festivités dans l’école du village. C’est une répétition des festivités de l’offrande de Pachamama  du 1er août m’explique une institutrice ( Pachamama est la Mère Terre, durant cette cérémonie les indigènes la remercient  pour l’année passée et demande sa protection pour l’année à venir). Malheureusement la cérémonie est sur le point de se terminer. J’ai tout raté, sacre bleu!

C’est toute essoufflée que je pose finalement mes sacs au bord de la route numéro 307.

Je n’attends pas un quart d’heure qu’un couple argento-brésilien s’arrête à ma hauteur. Au volant Ariel et à ses côtés Joandra. Ils vont à Cafayate et me dépose généreusement au centre ville d’Amaicha en passant.

Les cactus (cardon); Joandra; et moi

À peine descendue de leur véhicule je rencontre deux autres voyageurs francais sur la place du village: Sauréa et Vincent. On déjeune ensemble dans un petit restaurant qui fait l’angle de la place. Je commande un tamal, une spécialité locale à base de mais fourrée à la viande et cuite dans des feuilles de maïs ou de bananiers.

Sauréa et Vincent partent en bus pour Cafayate, nous convenons de nous y retrouver le lendemain.

Mes nouveaux compagnons de route partis, je me rends à la coopérative artisanale du village.

J’y rencontre Jorge qui visiblement touché par mes jérémiades (il n’y a pas de bus qui circulent le week-end pour rejoindre la cascade située à 8km du village où je souhaite me rendre), propose de m’emmener sur les lieux en scooter le lendemain.

Rendez vous est pris à 8h30 du matin, génial.

De retour au camping je discute avec les 3 autres et uniques occupantes. Ce sont trois copines argentines qui me donnent plein de conseil pour la suite de mon voyage que je note soigneusement.

Je suis seule dans mon dortoir et m’endors comme une pierre.

Encore une bonne journée.

13 août 2016, Amaicha del Valle

A califourchon sur la motocyclette de Jorge je suis en route pour la fameuse cascade.

Alors que nous arrivons sur les lieux, nous croisons trois hommes à pieds qui descendent des montagnes environnantes. On se salue. Je regarde l’endroit d’où ils viennent , il n’y a pas de chemins visibles et les pentes sont ultra-escarpées. Par où ont ils bien pu passer? « Oh ils sont habitués! » Jorge m’explique que ce sont très probablement des membres de la communauté indigène locale. Ils ont du marcher toute la nuit depuis Tafi pour se rendre à la réunion du cacique qui a lieu aujourd’hui même.

Sur le chemin du retour nous rendons visite à un ami français de Jorge. Il vit avec sa femme et sa jeune fille Elena sur une petite propriété ou ils cultivent des vignes et des abricots. Nous partageons le traditionnel maté, sauf Elena qui boit du lait.

La grand mère, Martine, est ravie de discuter dans sa langue natale avec moi.

En partant ils m’offrent généreusement une bouteille de rouge de leur cru.

Ils environ 13h00 quand je quitte Amaicha.

Un groupe de touristes argentins et un camionneur me permettront d’atteindre Cafayate dans l’après midi.

J’y retrouve Sauréa et Vincent qui sont sur place depuis la veille. On passe la soirée sur la place principale où un défilé a lieu en l’honneur d’une vierge qui m’est inconnue. Accompagnés d’un autre couple de voyageurs français, deux profs guyannais en vacances, nous débouchons nos bouteilles de vin. Cafayate est connu pour son vin blanc sucré : le torrontes. On se fera vite taper sur les doigts par un officier en patrouille. Il est interdit de consommer de l’alcool dans les lieux publics, Oups.

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