Il y’a un an je posais les pieds au Cap Horn

Il y’a un an je posais les pieds au Cap Horn

Classé dans : En mer, Récits | 0
Souriez, aimez, partagez!

On connait tous (ou presque) facebook et son application « Ce jour-là » qui se charge très gentiment de nous rappeler à quel point le temps passe vite.

Il y’a quelques jours « Ce jour-là » affichait sur ma page d’accueil une photo de moi, mon regretté bonnet bleu électrique sur le front, des bottes en caoutchouc aux pieds et un gilet de sauvetage sur le dos le tout sur un petit caillou chilien, fouetté par le vent et adulé de la moitié des marins du monde.

Il y’a environ un an, ce jour là, j’avais les pieds au Cap Horn. Ce n’est que 365 jours (et des patates) plus tard que je me suis rendue compte que je n’avais même pas partagé ce joli moment avec vous chers lecteurs.

Alors je me rattrape, il vaut mieux tard que jamais dit-on.

Le Cap Horn, ce mythique passage

En janvier 2016 , le Cap Horn a fêté ses 400 ans. Quatre siècles plus tôt, deux marins, Le Maire et Schouten, franchissait ce cap  à la recherche d’un autre passage que celui du détroit de Magellan alors sous le monopole de la compagnie nérlandaise des indes. Il lui laisseront le nom de Kaap Hoorn, d’après le nom de la ville Néerlandaise Hoorn.

Aujourd’hui l’ile d’Horn est située en territoire chilien. C’est l’un des points les plus australs du globe. Pendant des années, passer le dangereux Cap Horn était une étape obligatoire pour les navires de commerce qui cherchaient a rallier Europe et Asie. Situé sous les 40èmes rugissants, entre les 50ème hurlants et les 60èmes stridents plus précisément (rien que leurs noms vous donnent une idée de l’agitation des eaux qui entourent ce rocher), le Horn s’est souvent transformé en écueil pour les navires qui tentaient de le franchir. Alors quand le détroit de Panama à ouvert, la majorité du trafic maritime s’est redirigé là bas avec soulagement.

Aujourd’hui, ce sont essentiellement des voiliers qui passent le Horn « pour le sport », tels les participants du Vendée Globe.

Et moi, je faisais quoi sur ce caillou?

Bah j’étais tout simplement à bord d’une confortable goélette bloquée depuis une dizaine de jours à quelques miles du Cap Horn, attendant sagement mais impatiemment qu’une amélioration météorologique lui permette de franchir le passage de Drake, ultime rempart avant l’Antarctique.

L’amélioration météorologique tant attendue n’est pas venue mais on a eu une fenêtre pour aller au Cap Horn et on a sauté sur l’occasion.

Ce jour là on était le seul équipage à débarquer sur l’ile.

Les lions de mers nous accueillent en rugissant postés sur leurs rochers en contrebas.

Le militaire chilien, gardien du phare, lui nous accueille chaleureusement.

Il s’appelle José et est en poste ici avec sa famille (ses deux enfants et sa femme) jusqu´à la fin de l’année.

Je me demande ce que c’est que de vivre un an seuls sur cette ile plutôt inhospitalière.

Cependant, anniversaire des 400 ans obliges, José à inhabituellement de la compagnie. Il se murmure que la présidente va venir pour asssiter à l’événement qui se prépare sur place. Un petit groupe de travailleur est donc là pour tout aménager; ils clouent et repeignent sans relâche sous un vent de plus de 35 nœuds et un léger crachin.

On prends quelques photos, on savoure l’instant et puis on repart déjà : ca commence à souffler encore plus fort, le retour pourrait être dangereux.

Il y’a un an j’ai vécu une nouvelle aventure.

Il y’a un an mon passeport a reçu un nouveau coup de tampon.

Retrouver cette expérience en vidéo : par ici!

Laissez un commentaire