Autostop à travers le Nord Ouest Argentin (NOA) : Salta et Jujuy

Autostop à travers le Nord Ouest Argentin (NOA) : Salta et Jujuy

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Dernière étape de ces carnets de route où je vous livre mes petites péripéties en autostop à travers le nord ouest argentin (NOA).

 

14 août 2016, Cafayate – Salta (Argentine)

Il est 08h00 du matin, Sauréa, Vincent et moi-même pédalons en direction du terminal de bus.

On y charge nos trois montures à deux roues puis direction la Garganta del Diablo à une soixante de kilomètres. C’est un des arrêts les plus connus de la Quebrada de Cafayate ou Quebrada de las Conchas (no comment sur la traduction littérale…). L’idée est que le bus nous dépose à la Garganta del Diablo (Gorge du diable) puis de là nous retournons à Cafayate en vélo.

Garganta del Diablo

Les paysages traversés sont magnifiques : formations rocheuses couleur ocre, végétation verdoyante ou paysages désertiques…

En chemin on peut acheter divers produits artisanaux : fromage de chèvre, vin… De quoi remotiver les esprits quand on se dit qu’à 5km il y’a du fromage de chèvre tout frais qui nous attend.

C’était la deuxième épreuve de feu pour mon genou et elle est couronnée de succès, youpi !

15 août 2016, Cafayate – Salta (Argentine)

Je change d’auberge de jeunesse pour une autre un peu moins chère et surtout plus « buena onda ». Aujourd’hui gros dilemme : me rendre à Salta directement par la route 68 (la même que celle où j’ai pédalé et sué la veille), ou bien emprunter la route qui passe par une succession de petit village, dont le très mignon et réputé Cachi ?

Bien entendu l’une est bien plus facile et rapide que l’autre. J’hésite, j’hésite. Et puis zut, c’est bientôt l’heure du check-out et le petit déjeuner va se terminer ; priorité au petit déjeuner.

A ma table deux femmes argentines d’une quarantaine d’année. Elle me demande d’où je viens « de Francia » leur dis-je en souriant. Soudain une voix s’élève derrière nous : « Ah oui ?! Moi aussi ! ». Je me retourne.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’Oliver et Gisèle, un couple franco-argentin plus que sympathique. On papote, on papote et puis Olivier me lance : « nous on va à Cachi, qu’est ce que tu en dis ? »

« Ça me parait super ! Heuu donne moi 15 mn et mon sac est prêt. »

Voilà comment, une fois de plus, tout s’est fait tout seul.

Gise, Oli, et une famille de vendeurs d’artisanat rencontrée sur la route

Quelques minutes plus tard, confortablement installée dans la voiture d’Oli et Gise, j’aperçois Sauréa et Vincent qui font du stop au bord de la route. Malheureusement nous n’avons plus de place pour les emmener, mais ça annonce quelque chose de drôle : on va certainement se recroiser un peu plus loin !

L’Hornocal, ou montagne aux 14 couleurs près d’Humahuaca

 

21 août 2016 – Tilcara

C’est la fin des vacances pour Gise et Oli. Aujourd’hui ils retournent à Salta puis s’envolent pour Buenos Aires. Aujourd’hui mon ami S. doit arriver. Je ne serais pas seule bien longtemps. Le hasard sait si bien faire les choses.

Derniers tours du marché local, dernières emplettes et c’est déjà le moment des adieux.

Après une semaine de roadtrip en leur compagnie, l’idée de quitter Gise et Oli m’attriste. J’ai le cœur lourd mais suis infiniment reconnaissante pour ces moments partagés.

On se prend dans les bras, on s’embrasse, on s’échange les contacts, on se promet de s’écrire, et puis ils ne sont déjà plus là. Je déteste toujours autant les au revoir.

 

« Vino a ver a ella » (je suis venu la voir). Il est 22H00 quand S. entre dans la cuisine de l’auberge, un sourire aux lèvres. Ici c’est déjà une petite star :  « ah c’est toi l’ami de Maë ? » Hé oui j’ai tellement pesté contre mon-ami-argentin-désorganisé-qui-rate-ses-bus que sa réputation le précède. Oups. Heureusement il le prend avec le sourire.

On a passé deux jours à Tilcara puis il a dû retourner au Chili pour travailler. De mon côté je poursuis ma route vers Iruya, un village chaudement recommandé par plusieurs  copains voyageurs.

Nous avons tous les deux notre bus à 8h00 du matin ce dimanche.

J’ai pris le mien. Il a raté le sien.

Définitivement, il a mérité son titre d’ami-argentin–désorganisé-qui-rate-ses-bus.

21 août 2016 (2), Iruya

 

Flashback : 21 août, 8h00 du matin, Tilcara. Lorsque j’arrive à la station de bus située à la sortie du village, mon carrosse m’attend déjà. Une petite mamie vêtue en habits traditionnels kollas porte dans ses bras un adorable chevreau et discute avec un employé de la compagnie de bus. Le bus de S est déjà stationné de l’autre côté de la route lui aussi mais S. n’y est pas. Ahhhh.
.

Quelques minutes plus tard les deux bus démarrent, chacun se dirigeant dans une direction opposée.

A mes côté, un sympathique voyageur sud africain aux cheveux couleur de blé et à la peau rouge écrevisse (dur dur le soleil ici !) sympathise avec moi.

Il s’appelle Burgert (B. pour les intimes), est prof des écoles à Cape Town et voyage en solo durant 2 mois. C’est son premier voyage de ce genre et il est tout enthousiaste.

Après un court arrêt à Humahuaca, nous quittons la route asphaltée pour nous engager sur une piste caillouteuse. La piste traverse une sorte de vallée vraiment jolie.


Je suis absorbée dans mes contemplations quand soudain le bus s’arrête au beau milieu de nul part en pleine côte. Surchauffe ?

Le chauffeur s’active pour réparer les dégats aux exclamations de « Ah voilà de l’aventure! » de la part des passagers.

A peine quelques minutes plus tard le problème est résolu et nous repartons non sans avoir copieusement applaudi notre chauffeur mécano.

Nous passons un col à 4000m qui marque la séparation entre les provinces de Jujuy et de Salta. De là, la piste plonge en serpentant dans la vallée jusqu’à Iruya.

Le village est tout mignon, perché sur un flanc de montagne.

Sur la place, j’aperçois 3 filles visiblement auto stoppeuses. Nous engageons la discussion. Elles me recommandent le même hébergement que celui dont m’avait parlé Cécilia à Amaicha del Valle.

C’est un « hospedaje familial » nommé lo de Clarissa (50 ARS la nuit). Bien entendu il situé tout en haut d’une énorme côte….

Après m’être délestée de mes sacs je rejoins B. et Vincent, un français rencontrés plus tôt dans le bus. Les garçons veulent se rendre à San Isidro dans la foulée, un village située à environ 8km d’Iruya.

B qui devait initialement rentrer à Tilcara le soir même repousse son départ au lendemain. « Ils m’ont poinçonné mon billet de retour entre le 21 et le 22, je peux retourner le 22 sans problèmes ! ». Il s’est bien argentinisé le bougre.

On se met en route après déjeuner, le ventre bien rempli d’empanadas.

Le paysage est époustouflant et nous nous arrêtons presque tous les cinquante mètres pour prendre des photos.

On se sent petit face à la nature… (le petit point noir en bas à droite, c’est B et ses 1m90)

Après deux heures de marche, nous arrivons à San Isidro. Le village est calme et pittoresque.

Les garçons s’installent dans un hospedaje familial (Lo de Teresa) en compagnie d’un couple marseillais rencontré sur le chemin, puis ils s’en vont taper un foot avec les enfants du village.

C’est dingue tout de même : même dans un village argentin perdu en montagne on trouve le sacro saint terrain de foot.

De mon côté je reprends tout doucement le chemin de retour vers Iruya.

22 août 2016, Iruya

« Empujame! »

« Mas fuerte! »

« Y yooooo??? »

« Estoy volando! »

Assis chacun sur une balançoire, Joaquin, Lucia et Macarena sont infatigables.

B. rit dans sa barbe en m’observant du coin de l’œil assis sur un banc à quelques pas. Contrairement aux enfants, je fatigue (franchement 3 boules d’énergie vs 1 paire de bras c’est presque de l’exploitation !) et finit par le rejoindre sur son banc.

Il fait si bon prendre l’air à l’ombre des quelques arbres qui bordent la place du village.

L’après midi, je me rends de l’autre côté du pont la recherche de Doña Elena Gayalde, la concocteuse de chicha. Guidée par les habitants je finis par trouver sa maison, perchée sur une colline. Doña Elena est une petite mamie grassouillette au visage souriant. Il ne lui reste qu’une dent inférieure mais ça n’enlève rien à son charme. On discute un peu et je repars avec ma petite bouteille de chicha payé 10 ARS. La chicha est une boisson traditionnelle à base de maïs ou de cacahuète fermentée. On la retrouve au nord de l’Argentine mais aussi en Bolivie.

La nuit venue, je passe la soirée au centre culturel Kurni en compagnie de Pablo,  Paula, Véronika et G., un habitant de San Juan, un village isolé situé plus loin que San Isidro.
On boit la traditionnelle chicha tout en discutant de la vie des communautés isolées dans les montagnes, de leurs traditions et de comment Iruya s’adapte au tourisme.

23 août 2016, La Quiaca

En milieu de journée, je quitte la belle Iruya direction el Empalme, autrement dit le croisement avec la route qui mène à la Quiaca. Objectif : la frontière.

Je fais mes adieux à Pablo et Paula rencontrés la veille au centre culturel puis m’embarque dans le bus qui va à Humahuaca.

Celui-ci me dépose à l’empalme (le croisement) où José me prend en stop une demi heure plus tard. Il se rend dans une mine pour travailler et me dépose à Abra Pampa. Arrivée là, je ne me sens pas de faire du stop alors j’attends sagement le prochain bus.

Curieux de me voir là (je suis visiblement la seule « touriste » du coin), une petite mamie, deux jeunes et un papa avec sa fille dans les bras viennent me faire la discussion.

24 août 2016, Javi

Après un rapide tour du village qui est désert, Eustachio me ramène à La Quiaca vers 11h00 du matin.

De là je traverse la frontière bolivienne à pieds.

Je crois que c’est la frontière la plus poreuse que j’ai connue jusque là.

Sur la voie de chemin de fer désaffectée à ma gauche, des dizaines de personnes marchent d’un pas rapide tout en poussant de lourds charriots de marchandise. A ma droite des voitures et des piétons traversent  tranquillement le fleuve asséché. De la même manière, d’autres passent le poste de frontière sans s’arrêter au guichet d’immigration dans l’indifférence et le chaos général.

Personnellement je décide d’accomplir sagement mes formalités d’entrée et de sortie de territoires, ce qui signifie faire la queue sous un soleil de plomb.

Juste devant moi dans la file, se trouve une autre voyageuse son gros sac à dos aux pieds. Elle s’appelle Liz, vient de la région de Catamarca en Argentine et se rend au Pérou en passant par la Paz. Enfin ça c’était son plan initial parce que les accès routiers à la capitale bolivienne sont bloqués depuis plusieurs jours suite aux protestations des mineurs.

Il faut être flexible en Bolivie.

 

Et sur ces mots je termine ce carnet de route.

En novembre 2015, j’étais à l’extrême Sud du territoire argentin, à Ushuaia. Aujourd’hui je quitte ce beau pays à son extrême nord. Aventure à suivre…

 

 

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