Au bord du lac Titicaca (2/2)

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J’arrive à Copacabana en milieu d’après midi. Le minibus qui m’emmène a crevé en pleine montée, mais en une quinzaine de minutes les dommages étaient réparés.

On a traversé le lac sur une barge de rondins à moteur a Tiquina, roulé entre de magnifiques paysages à 4000 mètres d’altitude avant de redescendre une centaines de mètres plus bas sur Copacabana, (au bord du lac Titicaca bien sûr, pas la fameuse plage de Rio!)

Le couple de boliviens qui m’emmènent est venu jusqu’ici pour baptiser leur voiture avec les eaux sacrées du lac. Une coutume dans ce pays.

Alors que nous approchons de la ville, la femme sort tout un set de marmites dont se dégage un doux fumet. Chicharron, petite patates sautées… Généreusement, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, elle répartie la nourriture entre nous trois. Une portion pour son mari, une pour elle, une pour moi. Sans fioriture on mange avec les doigts, pendant que le minibus zigzag dans la montagne.

A l’arrivée, le véhicule est paré de fleurs, banderoles et autres joyeusetés par les vendeuses de la place de l’église. C’est lui la star du jour.

Baptême du minibus, devant l'église
Baptême du minibus, devant l’église

J’abandonne mes conducteurs à leur cérémonie et part en quête d’un toit pour ce soir.

C’est à l’hostal Robyn que je dépose mon sac (30BS chambre simple), l’Inca Roca que l’on m’avait recommandé étant malheureusement fermé. L’hôtel est très calme : c’est la basse saison et la plupart d’entre eux sont à moitié vides (ou à moitié plein, vous savez l’histoire du verre tout ça…).

Il fait beau à Copacabana et l’ambiance est tranquille. Je marche sur la plage qui borde le lac et en profite pour m’asseoir et y peindre avant d’observer le coucher du soleil. Il y’a un chouette mirador (le cerro  Calvario) d’où regarder l’astre solaire disparaitre à l’horizon.

S’il y’a bien une chose à manger dans les environs c’est la truite. Depuis que je suis arrivée je suis au régime truite , truite, truite. Ce soir-là je ne dérogerai pas à la règle et dinerai… une truite a la plancha!

Le lendemain je prévois de me rendre sur l’ile du Soleil en passant par Yampupata, un village à 18 kilomètres de Copacabana.

Je pensais y aller en marchant, mais mon genou fait des siennes et c’est finalement en taxi collectif que je m’y rendrai. J’adore le concept des taxi collectif. Depuis ma première expérience de taxis partagés à Punta Arenas au Chili (là bas ils fonctionnent comme des transports de ligne et coutent à peine plus cher que le bus, vous déposent où vous le souhaitez et sont plus rapides, en un mot c’est génial) je suis fan.

C’est donc accompagnée des jeunes Alan, Abel, Anais et leur maman que je pars vers l’autre bout de la péninsule. Abel et Alan se sont installés dans le coffre où ils jouent bruyamment en embêtant leur petite soeur (coût du trajet : 10BS, à prendre près du marché). Arrivée à Yampupata, je rejoins un groupe de boliviens qui se rend dans la partie nord de l’ile pour des raisons professionnelles. J’aimerais beaucoup les accompagner mais il y’a un mais. Depuis deux semaines un conflit divise les trois communautés de l’ile, Challampa au nord, Yumani au sud et Challa au centre. Les deuxièmes étant outragés que les premiers ait osé construire un hôtel à proximité d’une ruine sacrée. Résultat, ils ont organisé un truc que les boliviens font très très bien : un blocus. Le blocus empêche tout bateau ou piéton – qui souhaitent passer par la route des crêtes, la fameuse randonnée qui va du nord au sud de l’ile-  de se rendre au nord de l’ile. Tous les touristes restent donc coincés à Challampa (je suppose que ça arrange bien cette dernière communauté) à mon grand désespoir.

C’est finalement Roberto, qui m’emmènera dans sa barque de pêcheur vers Isla del sol (coût du trajet : 30BS, à diviser selon le nombre de passagers… ).

J’y débarque presqu’en clandestinité sur un petit ponton et commence à marcher vers le village. Apparemment j’échappe à un impôt touristique de 10 BS à payer à l’autre port d’où débarque tous les bateaux de touristes. L’altitude se fait sentir mais l’air est frais et le soleil ne brûle pas trop.

Je croise quelques locaux ettouristes sur le chemin. Au dessus il y’a les cultures en terrasses, en contrebas il y’a les ruines du Palais Pilkokaina.

 

Les ruines du palais avec en arrière pan l’ile de la Lune

L’histoire raconte que l’ile du Soleil serait le berceau de la civilisation Inca. Le dieu Viracocha y aurait créé le soleil, la lune et les étoiles.  Manco Capac et Mama Ocllo, les premiers Incas auraient par la suite quité l’ile du Soleil pour aller fonder  la légendaire Cuzco. A l’époque des Incas, les vierges du soleil y rendaient un culte au dieu Inti (Soleil). Aujourd’hui, plusieurs ruines sont encore visibles sur l’ile, dont beaucoup sont situées dans la partie nord qui m’est inaccessible malheureusement..

 

En redescendant vers le port, j’emprunte les fameux escaliers Incas et passe devant la fontaine de la vie.

Au déjeuner… (devinez, devinez quoi, une truite bien sûr!) je partage ma table avec Christelle et Gaëtan un couple suisse qui voyage avec Soan leur enfant. On discute de la vie de de backpacker, et du succès de Soan le « mochilerito » (petit backpacker) parmi les boliviens.

C’est à bord d’un bateau touristique surchargé que nous rejoignons Copacabana en fin d’après midi (cout du trajet : 25 BS par personne). Et c’est la que l’insolite se produit. Soan, qui a les cheveux longs et pourrait donc  être confondu avec une fille, refuse de croire que les jeunes enfants d’un autre couple de touristes assis en face de nous ne sont pas trois garçons mais bien deux garçons et une fille…. aux cheveux courts.

Le trajet en bateau dure environ deux heures, soit suffisamment de temps pour que le petit garçon apprenne sa leçon de tolérance et d’ouverture du jour, là quelque part sur le lac Titicaca.

Un dîner bien mérité plus tard, des adieux et je reprends le bus vers La Paz  (coût du trajet : 20BS) où m’attends toujours Soki, mon super hôte CS.

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