Portrait #8

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Il dévale la rue du village à toute vitesse.

Sa cape de fortune flottant au vent.

Il n’entend déjà plus les appels de sa mère qui, soucieuse, le prie de ralentir. On ne peut ralentir quand l’aventure nous tend les bras. Non. On court vers elle encore plus vite.

Surtout quand on est un super héros… Et lui, sans aucun doute, en est un.

 

Appelez le donc « hombre araña », ce petit bonhomme qui sautille, que dis-je, qui vole dans son costume bleu et rouge au milieu des Yungas boliviennes.

C’est assise sur la terrasse du Pulga, à Tocaña, les cheveux à demi tressés à demi en pagaille que j’observe notre héros à l’énergie débordante.

Il court, entre dans la cuisine en trombe, en sort tout aussi rapidement, virevolte, enjambe le muret à pieds joints et rejoint la route les bras grand ouverts sous le regard mi-amusé mi-agacé de sa maman. Elle le rappelle à l’ordre de temps en temps, plus pour la forme que le fond, mais il ne l’entend pas. Le son de sa voix s’est perdu. Ces vibrations ne l’atteignent plus, bloquées quelque part aux portes de son imagination,.

Assurément, les humbles demeures de ce petit village afrobolivien ont fait place aux imposants skyscrappers de New York et notre héros est certainement bien trop occupé à combattre quelques vilains que nos yeux de néophytes ne peuvent voir.

Il fait plus de 25°, l’image des hautes tours nord américaines s’estompe alors qu’il revient vers sa mère l’air penaud.

Il pointe ses bottes en caoutchouc. Il a chaud.

Les doigts agiles qui tressaient mes cheveux s’arrêtent un instant. Deux mains travailleuses se chargent d’ôter le fardeau qui emprisonnait les petits pieds de l’hombre araña.

Il lui sourit, reconnaissant, puis repart aussi vite qu’il est arrivé.

Les tours de New York réapparaissent. Il y’a encore des citoyens à sauver.

 

 

 

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