De Porto Velho à Manaus, retour au Brésil! (1/3)

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« Je suis dans le bus, je ne sais toujours pas quelle frontière traverser. Tu penses sérieusement à ce qu’on se voit au Brésil? »

« Je veux définitivement te voir quelque part, mais fait ce qui te semble bon pour toi. »


Il me reste un jour à passer en Bolivie sur les quatre vingt dix autorisés cette année. Et à la vitesse où va ce bus, peu importe la frontière que je décide de traverser, je la traverserai trop tard.

Je jette un oeil à la piste de terre rouge qui n’en finit pas. Mes quelques efforts pour trouver un bateau qui m’amènerait au Pérou n’ont pas porté leurs fruits.

De toutes façons je n’ai pas vraiment envie d’aller au Pérou.

En quittant la Bolivie

Porto Velho, cinq jours plus tard.

Assise au milieu d’une jungle de hamacs, je me demande comment c’est mathématiquement possible de concentrer autant de personnes dans si peu d’espace.

 

Il est presque 18H00 et l’Almirante Moreira IX est supposé quitter le port sous peu.

J’y ai embarqué en pleine nuit deux jours auparavant accompagnée d’un sympathique papi péruvien après un long voyage depuis Epicatolandia-Brasileia , villes frontières avec la Bolivie.

Mes nouvelles Havaianas aux pieds, j’écoute le forro qui s’échappe à toute patate des hauts parleurs proches et inspire profondément. Je suis bel et bien de retour au Brésil. J’expire. Un sentiment d’immense  satisfaction m’envahit.

Je suis de nouveau dans ce pays que j’aime tant .

L’Almirante Moreira IX se rend à Manaus capitale de l’Amazonie brésilienne, 900 km plus loin, en descendant le Rio Madeira avant d’entrer sur le mythique fleuve Amazon. Le voyage nous prendra 4 jours.

Il y’a bien une route, la BR 319….en grande partie inhabilitée et en mauvais état… alors la voie fluviale est la voie royale.

Toute la journée des dockers se sont balancés à bout de bras pastèques, sacs de graines, régimes de bananes et autres cargaison unidentifiée. Ils ont rempli jusqu’au toit le pont inférieur et une bonne partie du second. Le tout sous un soleil de plomb et dans la bonne humeur typiquement brésilienne. J’adore la bonne humeur brésilienne, c’est hyper agréable.

Ca rend même presqu’agréable le fait d’être empilés comme des sardines dans les hammacs.

Pour passer le temps je partage une partie de dominos avec trois brésiliens.

L’un deux à appris le matin même que son frère est décédé dans une attaque à main armée à Manaus. Il a longuement pleuré. Maintenant il ne pleure plus mais empeste l’alcool et tient à peine debout… J’ai de la peine pour lui.

Il est 18h04 et la sirène du bateau brise le calme relatif du port (ou couvre tous les autres bruits, pour être plus objective).

Passagers et cargaison quittent Porto Velho alors que le soleil est en train de se coucher.

Le soleil se couche

 

Ils (les passagers, pas la cargaison!) filment et photographient l’instant, appuyés sur les rambardes, quand soudain un coup de sifflet retentit suivi d’un mouvement de foule. C’est l’heure du diner.

Chacun se met sagement en ligne devant l’entrée du petit réfectoire. Comme à l’école primaire, la cuisinière nous fait entrer par petits groupes, en nous comptant un par un.

En retournant à mon hammac je sympathise avec Eliane et Joao ainsi que leurs parents. Ils disent se rendre au Vénézuéla pour tenter une nouvelle vie. Aux vues de la situation politique actuelle du pays, je lève haut les sourcils…. Soit.

[…]

Eliane et moi sur le pont supérieur

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