De Porto Velho à Manaus, retour au Brésil! (2/3)

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Il est 5h30 du matin, un coup de sifflet retentit.

« O café da manha é servidoooooo! (le petit déjeuner est serviiiiiii)  » annonce un membre d’équipage.

Mouvements dans les hamacs. Comme des fourmis qui sortent de leur fourmilière, des têtes, des bras, des pieds puis des humains entiers émergent des morceaux de toile suspendus aux barres métalliques.

J’ai mal dormi.

Coincée entre un brésilien gordinho et une maman avec son bébé (le dit bébé m’a mis des coups de pieds dans les côtes durant la moitié de la nuit), je me suis réveillée une bonne dizaine de fois.

On ne dirait pas comme ça, mais elle a de la force dans les pieds!

Le petit déjeuner est composé d’un café ultra sucré (pas de doute je suis bel et bien de retour au Brésil) et d’un bout de pain avec de la margarine. Si j’étais satisfaite du diner de la veille, j’avoue avoir été bien contente d’avoir emmené des bananes et des granolas pour compléter le petit déjeuner.

Le ventre plein, j’observe les couleurs du lever de soleil qui se reflètent sur le fleuve et bientôt s’estompent.

Un village au bord de l’eau

Vers 9h00 je retourne à mon hamac, morte de fatigue. Je n’en sortirai qu’à l’heure du déjeuner complètement groggy, rattrapée par la nécessité de me sustenter.

« Você estava dormindo? (tu étais en train de dormir?) » me demande ma voisine de hamac que je croise à l’entrée du réfectoire.

J’acquiesce la tête dans les nuages en me demandant comment l’a t-elle deviné.

Churrasco!

Dans l’après midi, on a droit un churrasco (barbecue) sur le pont supérieur. Comme en plus il y’a un match de foot à la télé, les brésiliens y sont agglutinés, bières à la main et c’est un peu la bataille pour pouvoir attraper son bout de viande.

Le churrasco amazonien à peine englouti, on passe sous un magnifique double arc-en-ciel avant de prendre une douche monumentale. Le temps qu’un gros nuage passe… Puis tout revient à la normale.

Par vigilance, avec le papy péruvien et nos voisins de hamacs, nous nous sommes mis d’accord pour qu’une personne reste toujours à jeter un oeil sur nos sacs; c’est mon tour, je redescends donc au pont inférieur.

Dans le hamac qui me fait face, dort une femme d’un certain âge avec un enfant d’environ 2 ans. Le petit bout s’appelle Murilo, et je l’ai élu bébé le plus mignon du bateau. La raison de sa présence à bord est moins mignonne. La femme, sa grand mère en fait – dont il est le portrait craché – me racontera qu’aucun de ses parents n’a voulu le prendre en charge, alors c’est elle qui s’occupe de lui, à défaut. Par contre la mère tient toujours a recevoir ses aides de l’état: la grand mère l’emmène de temps en temps pour qu’elle puisse montrer qu’elle « s’occupe » de son fils aux services sociaux. Murilo appelle toutes les femmes à bord Mamãe (maman), y compris moi. Je l’observe, partagée entre tendresse et tristesse alors qu’il regarde fixement les eaux du fleuve Madeira.

Murilo contemple le fleuve Madeira

 

A la nuit tombée je discute avec João, assise près de la cabine du capitaine. Mon portugais s’est amélioré à vitesse lumière depuis que je suis à bord.

Il se moque de ma tête au réveil après ma sieste.

« Tu avais toute ta joue marquée par tes bracelets. »

Je souris. Ma voisine de hamac n’était donc pas devin, c’était juste écrit, ou plutôt marqué sur ma tête.

Une enfant à bord

22H00, les enfants terminent de voir un film de Disney sur l’écran du pont principal. Je retourne à mon hamac que j’ai surélevé. J’espère pouvoir mieux dormir cette fois.

Ainsi passent les jours le long du fleuve Madeira.

[…]

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