De Porto Velho à Manaus, retour au Brésil (3/3)

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Les jours passent et se ressemblent à bord de l’Almirante Moreira IX.

Vers 5h00 du matin le petit déjeuner est servi, suivi vers 11h00 du déjeuner, et vers 17h00 du dîner.

Entre ces trois repères temporels, des débarquements de passagers ont lieu au milieu de nul part. Ou presque.

Dans ces moments-là c’est le branle bas de combat. Les passagers concernés rassemblent à la hâte leurs affaires, décrochent leurs hamacs et descendent au pont inférieur au pas de course.

Comme la nature à horreur du vide, l’espace qu’ils ont libéré ne reste pas libre bien longtemps. Saisissant l’opportunité de sortir de leur boîte à sardine, les brésiliens en profitent pour changer rapidement leurs hamacs de place et ainsi pouvoir dormir un peu moins les uns sur les autres.

 

Hier nous avons passé des Dragas, les maisons-machines flottantes où vivent les garimpeiros, les chercheurs d’or.

Elles sont équipées de gigantesques monstres de métal qui draguent le fleuve à la recherche de métal précieux. Il y’en a une quinzaine disséminée ci et là.

Une draga

Les garimpeiros arrivent-ils à vivre de l’or qu’ils trouvent? Fernando, un voyageur brésilien qui a parcouru l’Amérique Latine en fourgon me répond que si, mais qu’ils ont surtout l’habitude de dépenser leur argent fraîchement gagné dans les prostituées et les fêtes indécentes. Ce jusqu’à la prochaine pépite. Je regarde songeuse les dragas et leurs bruyants tapis roulants s’éloigner… Il y’a peut être une pépite sur l’un d’entre eux.

A l’abordage!

Alors que je suis toute à mes reveries, notre bateau poursuit sa route lentement mais sûrement et, sans s’arrêter, décharge des marchandises. Tels des pirates, des barques s’amarrent à ses flancs. Les équipiers balancent par dessus bord les marchandises et une fois la cargaison réceptionnée la barque s’éloigne, aussitôt remplacée par une autre, sortie d’on ne sait où.

A bord on tue le temps en discutant, en regardant la télé qui passe en boucle les dernières nouvelles à propos des scandales politiques du moment (ou des télénovelas), en jouant aux dominos ou… en draguant, autre chose que de l’or. Sur ce dernier point, c’est plutôt marrant de suivre les telenovelas en direct avec nos Don Juan et Doña Juana à bord.

Les eaux du fleuves sont hautes!

On passe le fameux point de la « rencontre des eaux » : sur plusieurs kilomètres l’eau de deux fleuves, l’un de couleur bleu, l’un de couleur marronâtre, se rencontrent sans se mélanger avant de prendre le nom d’Amazone.

Appuyée sur les rambardes, je jette un oeil par dessus bord: des dauphins d’eau douce nous saluent de temps en temps et des habitants des villages qui bordent le fleuve viennent en barque vendre fromages et autres produits. On approche de Manaus!

« La rencontre des eaux »

Ce qui est cool, c’est qu’on a beau dormir les uns sur les autres, l’hygiène et la propreté à bord restent très acceptables. Les toilettes sont propres, les membres d’équipages balayent et passent la serpillère tous les jours, les espaces partagés sont maintenus en bon état, il y’a du savon et une fontaine à eau à disposition et personne ne jette de détritus n’importe où (enfin à bord, parce que par dessus bord c’est une autre histoire malheureusement…). Il n’y a pas d’odeurs d’urine ou de transpiration, chacun prend sa douche journalière et se lave consciencieusement les dents au lever. Autant le dire en une fois : après trois mois en Bolivie, en venir à faire cette constatation sur une embarcation qui compte deux sanitaires pour une centaine de passagers me parait relever du miracle.


10H55, le coup de sifflet annonciateur du déjeuner retentit. Une quinzaine de passagers est déjà alignée devant le petit réfectoire.

C’est un jour comme un autre quelque part entre le Rio Madeira et l’Amazone.

 

Epilogue

Le soleil ne s’est même pas encore levé que ma voisine de hamac est en train de brailler. Visiblement nerveuse et probablement  éméchée, elle répète à qui mieux-mieux qu’elle ira se plaindre du traitement de l’équipage à la capitainerie du port de Manaus.

Je comprends plus ou moins qu’apparemment on lui aurait fait remarquer qu’elle laissait un peu trop sa fille d’à peine un an demi seule dans son hamac pour aller boire avec sa nouvelle conquête sur le pont supérieur. Peu importe qui à tort ou raison, je commence à être agacée par ses jérémiades tout comme les autres passagers qui se mettent à réclamer du silence.

Les protestations s’élevant des hamacs se font plus intenses et le calme finit par revenir peu à peu.

Au petit jour nous accostons enfin à Manaus, capitale de l’Amazonie brésilienne. Le bateau se vide presque deux fois plus vite qu’il ne s’est rempli, et je suis parmi les derniers à en descendre.

Après une tapioca (galette de farine de manioc) bien méritée, je me dirige vers l’Hanuman Hostel (35RS, super recommandé!). J’y fais la connaissance de deux français en échange à Belo Horizonte, et de Pascal, un canadien qui parle portugais avec un accent québecois.

Une fois le check-in terminé je m’étends de tout mon long sur mon lit. Un lit, un vrai,  et personne pour me mettre des coups de pieds dans les côtes.

La climatisation est allumée.

Qu’il est bon de retrouver la terre ferme de temps en temps!

Coucher de soleil en Amazonie

 

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2 Responses

  1. Cami D

    Bonjour,

    Je me permets de laisser un commentaire pour avoir plus de précisions, puisque votre voyage est récent ! Combien coûte en moyenne le trajet de porto velho à Manaus? Faut-il avoir son propre hamac? En trouve-t-on à acheter à porto velho dans ce cas la?

    Merci et bonne continuation ☀

    • A thousand smiles away (Maë)

      Bonsoir Cami, merci pour ton message (je me permets de te tutoyer). Le voyage m’avait couté 250 RS. Il faut effectivement avoir son propre hamac, et comme je n’en avais pas, j’en ai acheté un à Porto Velho même pour pas cher… je crois que c’était à peine une treintaine de reais (soit 10€). Bien sûr tout dépend de la qualité que tu cherches, il y’en a des plus chers (et meilleurs). A coté du port même, il y’a plein de petites boutiques où tu trouveras ton bonheur! Bon voyage!
      Maë

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