La fois où j’ai bien failli rester à la gare routière

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Quelques fois les plans tombent à l’eau et rien ne se passe comme prévu. Parfois un petit grain de sable se coince dans le mécanisme et tout déraille. Une fois j’ai juste oublié de noter un truc plutôt important : une adresse.

Et parce qu’il faut bien rire des bonnes comme des mésaventures (n’est ce pas?), je vais vous raconter une petite histoire. En réalité, j’en aurais tout un tas à conter .. mais commençons par celle-ci. C’est l’histoire d’une petite mésaventure dans le Minas Gerais brésilien, où j’ai bien failli rester à la gare routière.


12H30-12H45 à la Rodoviaria.

Rodrigo passerait m’y chercher à cette heure là après avoir déposé sa fille à l’école.

C’était le plan. Un plan méga foireux je l’apprendrai plus tard, à mes dépends.

Parce qu’en réalité, pour bien commencer, je ne suis pas arrivée à la Rodoviaria mais au Posto TIGER où mon convoiturage m’a déposé vers midi. J’étais un peu en avance, j’ai décidé de patienter en prenant un café à l’intérieur de la station service.

Jusque-là pas de problème apparent ; le matin même j’avais envoyé un message à Rodrigo pour le prévenir de ce changement. Les petites coches de WhatsApp m’informaient que mon message avait bien été distribué à son destinataire mais pas encore visualisé (quel excellent outil!).

Il le verrait plus tard, me suis-je dit, pas de problème.

J’ai sérieusement commencé à croire qu’il y’avait effectivement un problème après trois heures d’attente à la station service.

Les deux coches refusaient ostensiblement de passer au bleu et moi j’étais plantée là depuis trois heures sans aucune nouvelle.

Je m’étais levée à l’aube, j’avais fait plus de six heures de route, j’avais faim mais toute préoccupée que j’étais rien de ce qui était en vitrine à la station service ne me faisait envie, je n’avais plus aucune patience,mon sac était lourd, bref j’étais au bord du désespoir. First World Problem, vous comprendrez.

Je décide finalement de prendre un bus pour la rodoviaria. De toutes façons je n’avais rien à gagner à rester à la station service, il était devenu évident que Rodrigo ne viendrait pas.

Arrivée à la Rodoviaria, je conte mon histoire à l’employée du poste d’information. A ce moment j’en ai les larmes aux yeux de frustration. Ca doit faire cinq heures que je suis arrivée dans cette ville de l’état du Minas Gerais où je ne connais personne à part Rodrigo et où la moindre chambre d’hôtel est au dessus de mon budget, jour férié oblige.

La nana est gentille. Avec son collègue on tente d’appeler une énième fois mon ami. Elle me demande si j’ai son adresse; bien évidemment non. J’ai totalement zappé de noter cette information pourtant si cruciale et si élémentaire.

Le temps passe, personne ne vient me chercher.

Sans solutions, je décide de contacter mes hôtes WorkAway de Rio. Je leur explique la situation et leur demande si je peux commencer mon volontariat dès le lendemain. Il doit être 23H00 en Allemagne, mais ils sont super réactifs et mettent tout en oeuvre pour que je puisse avoir les clés de l’appartement ou je dois loger. Rio de Janeiro est à une distance raisonnable de là ou je me trouve (comprenez moins de  quinze heure de bus), le plan B est en place, je me tranquillise.

 

Malheureusement, la seule agence qui vend des billets de bus pour Rio est fermée jusqu’à 21H00.

Je suis donc coincée là jusqu’à au moins 21H00.

Ca me laisse le temps de tourner et retourner la situation dans ma tête mais je ne comprends toujours pas. C’était le bon jour, la bonne heure, la bonne ville… que se passait t-il?

Alors que je raconte ma mésaventure pour la cinquième fois à la femme du guichet d’information (elle doit avoir la mémoire flash, autrement c’est aussi un autre mystère du jour…) celle-ci à enfin un déclic.

« Ah mais tu viens de Sao Paulo?! »

Ouiiiiii… Ca fait genre vingt fois que je le mentionne.

« Ah mais vers 12h30 il y’a un homme qui est venu demandé pour les arrivées de bus de Sao Paulo, il avait l’air pressé »

« Hmmm, 12h40 peut être ».

12h40, l’heure exacte de l’appel manqué de Rodrigo que j’ai reçu.

Je lui décrit mon ami. Pas de doute c’était lui. Il est donc venu me chercher, il ne m’a pas oublié: ouf! Mais alors, que se passe-t-il?

Je me souviens que mes amis au Chili, où j’ai rencontré Rodrigo et sa famille, ont peut être gardé son adresse. J’appelle. Malheureusement ils n’ont que son numéro de téléphone, le même que celui que j’ai déja, donc ça ne m’avance pas plus.

Sur internet il ne reste presque plus de places dans le bus de nuit pour Rio et l’agence est toujours fermée. Même le plan B vacille.

Il est près de 19h00 et  la nuit est déjà tombée, quand je joue ma dernière ma carte : demander de l’aide à la police.

Le poste est juste à côté de l’entrée de la gare routière donc ça ne sera pas compliqué.

La gentille tête en l’air de l’accueil m’accompagne. C’est cool on fera une équipe de têtes en l’air. J’explique la situation aux policiers qui se tiennent debout devant la porte. Ils ont l’air préoccupés pour moi et commencent à me poser plein de question sur Rodrigo, où travaille-t-il, qui est sa femme, dans quel quartier…

On épluche les registres à disposition, quand soudain une piste improbable surgit…. de Facebook. Un des policiers à des amis en commun avec la femme de Rodrigo. Incroyable. L’espoir revient, on tient quelque chose!

De là naitra le dénouement rocambolesque mais heureux de cette longue journée.

Dans le quart d’heure qui suit les parents du policier arrivent à la Rodoviaria. Je charge mes bagages à l’arrière de leur auto rutilante et nous démarrons en direction de… je ne sais pas où, alias la maison des parents du contact Facebook du flic. Ceux-ci sont amis avec le papa du flic donc c’est pour ça qu’ils m’y emmènent gracieusement.

Arrivée sur place je raconte mon histoire de nouveau. Quand j’ai fini, la femme, super gentille, s’empresse d’appeler son fils. Pas de bol, il est à l’église, il faudra attendre la fin de la messe.

Donc pour résumer, une rapide recherche sur Facebook nous a permis de nous rendre compte que les parents du flic de la Rodoviaria sont amis avec un autre couple de petits vieux dont le fils est marié avec la soeur de Rodrigo. Le monde est petit, petit, petit.

Moins d’une heure plus tard, alors que je suis attablée devant une délicieuse part de pizza offerte par mes nouveaux sauveurs (vous noterez que j’ai retrouvé l’appétit), Rodrigo débarque dans la cuisine.

Cris de joie, de surprise, de soulagement.

« J’ai reçu un appel de ma mère » commence-t-il.

Ah! Rajoutons donc un maillon. Dans la famille Tousalarescousse on a: le flic, les parents du flic, les amis des parents du flic, le fils des amis des parents du flic, la femme du fils des amis des parents du flic, et la mère de la femme du fils des amis des parents du flic.

Voilà la chaine de sauvetage qui m’aura permise de ne pas terminer sur le carreau ce soir-là.

« Je t’attendais chez moi, je me suis dit que tu avais mon adresse sur ma carte de visite… » poursuit Rodrigo penaud.

Ah oui! La fameuse carte de visite que j’avais collée dans mon carnet de voyage lui-même soigneusement empaqueté dans un colis parti de Bolivie il y’a 2 mois et toujours pas arrivé à destination.

Mais bref. Moi ce soir là, je suis arrivée à destination. Ca m’aura pris plus de douze heures, un bon coup de stress, une dizaine de personnes, un appel au Chili mais tout est bien qui finit bien.

Les jours suivants ne seront que bonheur et Açai; j’ai été traitée comme une princesse.

Note pour moi-même ; mes amis peuvent être un peu compliqués à retrouver, penser à garder précieusement leur adresse sous la main pas dans le carnet de voyage. (au pire, Facebook est là pour nous sauver).

 

Et vous, quelles ont été vos petites (et grandes) mésaventures de voyage?

On déguste de l'açai - A thousand Smiles Away
On déguste de l’açai – A thousand Smiles Away

 

PS : le colis parti de Bolivie est bien arrivé à destination lui aussi !

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