Lençois Maranhenses : Barreirinhas et Atins

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Du sable et de l’eau

Entre terre et mer, façonnées par le vent du large et les pluies d’été, les dunes et les lagunes du parcs national des Lençois Maranhenses offrent un spectacle inégalable.

Pour être honnête, des dunes, j’avais commencé à en voir dès Pipa dans l’état de Rio Grande do Norte. A petite dose d’abord, puis de plus en plus une fois passé Fortaleza.

Mundau, Jericoacoara, Parnaiba… toutes ces localités avaient leurs montagnes de sable. Plus ou moins hautes, plus ou moins étendues, plus ou moins exploitées touristiquement… mais le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau, le pompon, le césar… tout cela revenait sans discuter aux Lençois Maranhenses.

Situé au nord est du pays, dans l’état du Maranhão, le parc a une superficie de près de 1550 km2 et se visite essentiellement entre les mois de juin et août (après la saison des pluies).

Le parc possède plusieurs « portes d’entrées », autrement dit plusieurs villages depuis lesquels il est possible d’organiser des excursions. Barreirinhas est le plus connu d’entre eux. C’est le plus accessible et le plus développé, pas forcément le plus charmant. C’est aussi le plus éloigné : on ne peut accéder à pieds aux dunes comme à Atins ou Santo Amaro. Il faut nécessairement un véhicule, alias payer une excursion.

Excursion à Lagoa Bonita

Arrivée à Barreirinhas en milieu d’après-midi en jardinière (sorte de grosse jeep avec des bancs à l’arrière) depuis Tutoia, j’ai tout juste eu le temps de poser mon sac à dos chez « Le professeur »  pour sauter dans une autre jardinière direction Lagoa Bonita.

C’est l’une des excursion phare depuis Barreirinhas et s’il n’y en avait qu’une à faire je recommanderais effectivement celle là.

Après plusieurs minutes de trajets, traversée de rivière,de grosses flaques et montée de dune à l’aide d’une corde, on arrive sur un des plus haut point de vue du parc.

Queuleuleu de jardinière, ouf ça passe!

De là on observe les dunes et lagunes à perte de vue. Le contraste est une fois de plus saisissant entre la végétation verdoyante que l’on vient de quitter et cette étendue de  « draps » (lençois en portugais) de sable devant nos yeux.

Le guide nous emmène vers plusieurs lagunes, lagoa Maçarico, lagoa Clone… et bien sûr la lagoa Bonita, la plus grande d’entre elles.

Après un plongeon rafraichissant on re-monte une énième dune pour profiter du spectacle du soleil couchant.

Les lumières orangées apparaissent à l’horizon, couvrant le sable d’un sublime masque doré.

Magnifique coucher de soleil

Le soir avec trois nouveaux compagnons de voyage (dont un rougi par le soleil, ça tape fort  sur les dunes!), nous nous sommes rendus à une « vaquejada » organisée à la sortie du village. Les vaquejadas sont des évènements culturels du nord-est brésilien où deux cavaliers doivent tirer un boeuf par la queue entre leurs chevaux et l’emmener dans une zone où ils le renversent… Après les courses de la journée, la soirée est dédiée à des concerts avec des artistes régionaux. La piste de danse s’enflamme, les fourneaux aussi et en guide de rafraîchissement la bière coule  à flot. Parfait pour ceux qui souhaitent se détendre sans assister au renversement des boeufs.

Concert à la vaquejada

De Barreirinhas à Atins

Le lendemain matin j’emballe mes affaires, laisse mon gros sac à dos aux soins du professeur et part d’un pas léger vers le port de Barreirinhas.

« Je cherche à aller à Atins, est ce que vous vous y rendez? »

« On va jusqu’à Mandacuru, on peut t’emmener mais d’abord on attend un chargement d’huile. »

« Elle arrive quand votre huile? »

L’homme debout sur son bateau regarde sa montre d’un air perplexe.

« D’ici une demi-heure… une heure. » me répond il « Enfin en réalité elle devrait déjà être arrivée. »

Il est 9h30 et je négocie avec un pêcheur. Devant ma mine hésitante, celui-ci renchérit en souriant « T’inquiètes pas ma fille, je t’emmène! »

Deux heures plus tard (il y’avait beaucoup d’huile à charger), nous partons pour Mandacaru.

Mandacaru et le fleuve Perguica ( fleuve paresse) vu depuis le phare du village
Fruits de cajou (et leurs noix) cueillis dans le jardin de C., le pêcheur

Nous y débarquons en fin d’après midi et alors que je pensais atteindre Atins dans la soirée, je finis par passer ma dîte soirée à assister au coucher de soleil depuis le phare du village, assister au retour des Ibis rouges à leurs nids et surtout assister…. au mariage de la nièce du pêcheur! Pour l’occasion sa femme et sa fille me prête gentiment une tenue. Je troque donc mes tongs pour de jolies chaussures, mon short pour une belle robe. Quelle surprise et quel honneur!

Après la fête, le couple de pêcheurs et leurs filles m’hébergent généreusement pour la nuit.

J’atteins finalement la plage d’Atins le lendemain matin, où un habitant de Mandacaru me dépose en quad .

Je découvre alors un petit bout de paradis encore (assez) préservé. Entre mer, dunes et lagunes, le village s’est peu à peu transformé en paradis des kite-surfeurs dont les voiles flottent déjà à l’horizon. Le paradis de ceux qui cherche de la tranquillité aussi.

Parmi ces derniers je rencontre N. et F. deux italiens. N. tient une baraque sur la plage, il vit avec sa femme brésilienne à l’arrière du village où il a récemment construit sa maison. Tous deux attendent un heureux évènement. F. est un habitué, un résident même. Ca fait 12 ans qu’il a établit sa résidence secondaire à Atins.

Douze ans et aujourd’hui il voit avec appréhension son petit paradis se transformer : certains disent qu’Atins serait la prochaine Jericoacoara.

Une rue d’Atins

Alors oui, il y’a eu du changement en 12 ans. L’électricité est arrivé il y’a 4 ans. Les voisins bruyants, un peu moins que ça. Le réseau téléphonique et internet toujours pas vraiment… mais Atins, bien qu’elle figure de plus en plus sur l’itinéraire des touristes, reste encore un coin isolé où kite-surfeurs, locaux et visiteurs cohabitent en toute tranquillité.

Alors que nous conversons dans la baraque de plage de N., F.  me propose d’accrocher mon hamac chez lui. Ancien baroudeur du temps où les smartphones n’existaient pas, il s’est ému à l’écoute de mes petits récits d’aventure sud-américaines et se propose d’être mon guide pour les prochains jours. La providence m’a encore sourit.

A l’ombre au restaurant de Monica

Les jours suivants, F. me fera rencontrer Monica, une de ses amies qui tient un restaurant tout mignon quelque part dans le village et à qui je commanderai un « bolo de cenoura com chocolate » (gâteau à la carotte couvert de chocolat), alias le plus succulent des gâteaux brésiliens. On sera également invité à dîner chez N. (et sa famille) qui venait de se procurer un kilo tout frais de crevettes qu’il souhaitait partager. Sur une note moins joyeuse on croisera une autre habitante du village éplorée qui nous fera part de ses déboires relationnels. La violence conjugale est une plaie au brésil, surtout dans le Nord est. En 2017 le pays enregistrait plus de 600 cas de violence domestique par jour. Visiblement, et malheureusement, les femmes d’Atins n’en étaient pas épargnées. Une épine dans le pied quand au marche sur le sable chaud du paradis.

Un matin, alors que j’émerge de ma toile suspendue, j’entends des chants s’élever et briser le silence de la matinée. Je jette un regard à F. A voir sa mine se renfrogner, je n’arrive pas y lire s’il préfère entendre les chants religieux de l’église ou les basses de la caisse à son du voisin…

Heureusement ce jour-là nous laissons les voisins bruyants et partons en excursion dans le calme des dunes. En cours de route nous croisons un ami de F. et deux autres françaises. Nous ferons le chemin ensemble jusqu’à Canto do Atins.

Traversée de lagune, les pieds dans l’eau!
L’eau est superbe
Pause déjeuner à Canto do Atins

Nous rentrons à Atins après le coucher du soleil et mal me prends de vouloir aller observer le plancton luminescent sur la plage.

Mon smartphone ne résistera pas au bain d’eau salée qu’il recevra au cours de cette entreprise et c’est penaude (et très frustrée) que je m’en reviendrais à mon hamac.

Je quitterai Atins le lendemain en pirogue, retour à Barreirinhas puis direction Santo Amaro, un des autres village « porte d’entrée » du parc des Lençois Maranhenses.

Désormais je vais barouder presque comme au temps de F. Au revoir smartphone!

Revoada dos guaras (le retour des ibis rouges)

Où loger à Barreirinhas

Hostel casa do profesor , 40BS en dortoir avec petit-déjeuner

Hostel Boas Maos, 40BS en dortoir avec petit déjeuner

Le bureau d’informations touristiques peut fournir une liste des hébergements disponibles dans le village. Certains habitants louent des chambres à prix modiques.

Se rendre de Barreirinhas à Atins

En toyota / jardinière : 25 RS

En bateau rapide : entre 25RS et 60RS

En bateau stop : consulter les pêcheurs sur le port

Il existe aussi une excursion à la journée pour Caburé, qui se situe à une quinzaine de minutes d’Atins

Excursions recommandées

Lagoa Bonita à Barreirinhas (environ 60RS)

Lagoa Tropical a Atins (à négocier avec un guide, pour ma part j’étais invitée)

Vol des arras rouges à Atins (environ 40RS)

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