Lençois Maranhenses : Santo Amaro

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« Grand mèèèèèère ! Il y’a une fille qui cherche une chambre, elle est disponible celle derrière? »

« Grand-mère » c’est Rosa* ma belle rencontre du jour. Celui qui parcourt la rue en criant c’est le fils de Rosa, mon messager bienfaiteur du jour. Et la fille, ben c’est moi, la voyageuse sans logement du jour.

Je suis à Santo Amaro, troisième « porte d’entrée » du parc des Lençois Maranhenses au Nord Est du Brésil.

De Barreirinhas à Santo Amaro

Après quelques jours à Barreirinhas et Atins je finissais mon séjour dans la région par Santo Amaro. Une ville un peu plus petite, un peu plus éloignée, un peu moins fréquentée, un peu plus comme je les aime a priori.

J’avais récupéré mon sac à dos  (dont je me plais à me délester dès que c’est possible) chez Le professeur, j’étais donc de nouveau chargée comme une mule à mon plus grand regret.

De Barreirinhas, une jardinière était passée me chercher directement à l’auberge et j’étais repartie vers Santo Amaro. Cheveux aux vents. Enfin seulement ceux près du front, les rebelles qui refusent de rester ranger dans mon chignon.

Il n’y avait que des brésiliens dans le véhicule et j’étais contente de m’éloigner quelques temps de l’effervescence touristique de Barreirinhas.

Le véhicule passa par le village de Sangue où il fit une pause, puis s’engaga sur une piste jusqu’à Santo Amaro (NB: bonne nouvelle, cette piste est désormais asphaltée depuis fin 2018).

Arrivée sur place après plusieurs heures de trajet, je compris que j’avais mal prévu mon coup : bien que Santo Amaro soit petite et moins touristique que les villes précédentes, l’hébergement n’en restait visiblement pas moins onéreux. Je n’avais pas spécialement cherché d’infos sur le lieu avant de m’y rendre donc je ne savais de toutes façons pas où se situaient les auberges dans mon budget.

Je n’avais que peu de cash sur moi, le distributeur de billet ne fonctionnait plus depuis plusieurs jours et il n’y avait pas de transport public pour repartir ailleurs avant deux jours. Mon smartphone était décédé peu auparavant. J’étais trop fatiguée, trop chargée. Jackpot.

Qu’à celà ne tienne!  J’ai chargé ma carapace, mis mon plus beau sourire et suis partie arpenter les rues de la ville à la recherche de deux crochets de hamacs avec un toit.

C’est chez Rosa que j’ai trouvé mon bonheur, et ce n’est pas un jeux de mots.

Son fils, assis sur un porche avec femme et enfant, est allée la chercher bruyamment et rapidement après que je lui ai formulé ma requête. Je l’ai suivi à pas plus lent, carapace oblige, souriant encore de constater que dans les petites villes les habitants semblaient compenser l’apparente tranquillité par des décibels vocaux plus élevés.

Rosa c’est la mamie qu’on voudrait tous. Un petit bout de femme solide et affectueux qui nous met à l’aise dès la première seconde.

Elle m’a montré la pièce qu’elle pouvait m’offrir. Elle m’a donné son prix. Il y’avait bien deux crochets pour mon hamac et un toit. J’étais ravie.

Les dunes du parc des Lençois Maranhenses près de Santo Amaro

 

De Santo Amaro aux lagunes

Santo Amaro a été une étape sans grande agitation de mon voyage. C’est un village tranquille, quelque part aux milieu des dunes et des lagunes. C’était une étape merveilleuse humainement.

Rosa a absolument tenu à partager ses repas avec moi, du coup j’ai fait une cure de farofa (farine de manioc). 

L’après-midi, elle jouait aux cartes, ou aux dominos selon le jour avec ses proches à l’arrière de sa maison.

Le soir on regardait les télénovelas brésiliennes ensemble.

Le jour où elle a su que je souhaitais me rendre à une lagune dans les environs, elle a chargé son neveu de m’y emmener. Après la partie de cartes bien entendu.

On a fait tout le chemin pieds-nus (bon ok, 100% pour lui, 70% pour moi… le sable chaud c’est compliqué…).

Le neveu de Rosa devait avoir une cinquantaine d’années. Grand et visiblement bien portant, il marchait dans le sable avec une rapidité et une aisance incroyable. Les dunes c’était son terrain de jeu depuis gamin. Il les connaissait comme sa poche. On est allé à la Laguna gaivota et la laguna andorinha, les plus connues des alentours.

On y a croisé plusieurs jeeps de touriste en maillot de bain qui filaient entre les dunes, ou s’arrêtaient aux bords des lagunes.

On a regardé le soleil disparaitre puis on est repartis à la nuit tombée. On n’avait pas ramené de lampes de poches mais comme la pleine lune approchait on n’en a de toutes façons pas eu besoin. C’était génial.

Le soleil commence à aller se coucher

Un autre jour, après la partie de domino cette fois, son neveu m’a emmené à « la plage ». Une zone près de la rivière Santo Amaro où les locaux se baignent et prennent l’apéro en musique dans l’après midi. 

A mon départ, Rosa m’a pris les mains et m’a demandé de l’excuser si quelque chose n’avait pas été durant mon séjour, me disant qu’elle avait essayé de faire de son mieux.

J’ai été désarçonné. 

Elle m’avait ouvert sans sourciller la porte de sa maison et partagé avec moi tout ce qu’elle pouvait. On s’est prise dans les bras.

J’ai laissé mes coordonnées sur un bout de papier à son neveu. Il l’a pris, l’a lu attentivement, puis m’a dit d’un air satisfait qu’il se renseignerait sur le fameux « Whatsapp » dont je lui avais parlé l’autre jour. J’ai souris. Je savais que ni Rosa ni lui n’étaient familiers des smartphones.

J’ai chargé ma carapace de tortue sur mon dos et me suis éloignée en direction du centre-ville. Je reprenais mon chemin en sens inverse, direction le sud, puis l’Ouest.

Bientôt je serais en Colombie.

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