Rio, Rio, Rio

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Rio. Trois lettres qui à peine prononcées titillent l’imaginaire.

Rio, pour certains (peut être les plus jeunes d’entre nous) c’est l’histoire d’un perroquet bleu qui ne sait pas voler. Rio pour les uns c’est une rue remplie de chars extravagants, de danseurs et danseuses séduisant(e)s qui se trémoussent au son de la samba. Rio pour les autres, c’est une statue du Christ bras ouverts surplombant la ville d’un air vigilant.

Que l’on soit plutôt branchés films d’animation, fête ou religion on trouvera son compte à Rio de Janeiro, parce que l’essence de Rio c’est un peu ça : les contrastes.

Rio c’est la montagne et la mer, Rio c’est les favelas et les villas, Rio c’est le Funk et la Bossa Nova, Rio c’est la beauté et l’indignation.


 

Après ma légère mésaventure dans le Minas Gerais (bien vite oubliée !) direction  Rio de Janeiro ou j’allais passer deux semaines en volontariat :ce dernier consistait à travailler sur un voilier touristique, j’avais hâte.

Deuxième plus grosse ville du brésil avec 12 millions d’habitant, Rio attire chaque année des millions de visiteurs. Rien que pour vous mes incontournables de la Cidade maravilha!

Mes incontournables à Rio

L’escalier Selaron (escadaria Selaron)

Du nom de l’artiste Chilien qui l’a façonné jour après jour, l’escalier Selaron représente peut être à lui tout seul tous les contrastes de Rio. Long (ou haut) de 215 marches, il relie le quartier populaire et animé de Lapa, à celui Bohème et escarpé de Santa Terasa.

C’est au début des années 80 que Jorge Selaron, artiste-peintre et grand voyageur, émigre au Brésil, les poches vides. Dix ans plus tard, il débute sa « grande folie », pour rendre hommage à son pays d’adoption et ses habitants.

L’artiste peint et recouvre les marches de l’escalier qui va jusqu’au couvent Santa Teresa d’azulejos aux couleurs du Brésil, d’azulejos que lui envoient des (in)connus du bout du monde, d’azulejos qu’il trouve à droite à gauche. Petit à petit, l’oeuvre d’art de Selaron prend forme. Elle prend des couleurs aussi, beaucoup.

Oeuvre d’art au grand air, l’escalier Selaron est rempli de petits bouts d’histoires, de morceaux de faïences hétéroclites. Une oeuvre d’art « vivante » puisque son auteur aimait à modifier sa création, déplacer des azulejos, en ajouter, en remplacer. Si l’on veut jouer au détective on y trouvera des emblèmes de clubs sportifs internationaux, de villes, des citations, un peu de tout. Petit à petit l’escalier se fait sa renommée et devient même un incontournable touristique, transformant par la même ses alentours ; restaurants, studios d’artistes ouvrent leur porte dans cet endroit de Rio qui n’avait jusque là pas la meilleure réputation.

Jusqu’en 2013, Selaron pouvait se rencontrer là, tout près de l’oeuvre à laquelle il a dédié près de 20 ans de sa vie. Il en aurait dédié bien plus, certainement, si tout ne s’était pas arrêté un jour de janvier où il a été retrouvé étendu sans vie aux pieds des marches qu’il avait tant chéries.

La police conclura à un suicide, lui se disait menacé par un proche en contact avec les gangs du quartier…

Les quartiers de Lapa et Santa Teresa

Tant qu’on y est parlons de ces deux quartiers emblématique de Rio. Perché sur une colline, Santa Teresa c’est le quartier des artistes, une bulle bohème, traversée par un fameux tramway jaune. Il y’a plein de bars, cafés, street-art et boutiques sympas à découvrir dans ses rues.

Santa Teresa le soir

Lapa c’est le quartier animé, festif et populaire. Le week-end c’est dans ce quartier qu’on se donne rendez vous pour danser la samba, capirinha en main.

Le pain de sucre (pao de azucar)

Une des « excroissances » les plus connues de Rio!

Le pain de sucre est accessible en téléphérique…. mais aussi en l’escaladant.

Et c’est pour ça qu’il est en haut de ma liste ; j’ai trouvé cette ascension super fun! Par chance j’ai pu rencontrer via CS un guide carioca qui nous (d’autres touristes et moi) a emmenées en haut du pain de sucre à la sueur de notre front! Une belle expérience!

Pour se dépenser, il y’a deux façons de monter en haut du pain de sucre: la première mène au premier arrêt du téléphérique et se fait en suivant un petit chemin qui contourne le pain de sucre. C’est un sentier balisé, grimpette modérée et il y’a déjà un très belle vue à l’arrivée. On arrive seulement au premier arrêt ensuite il faut prendre le téléphérique.

Le début du sentier
le premier arrêt du téléphérique

Pour le deuxième il faut connaitre le chemin et avoir de l’équipement, la présence d’un guide est donc nécessaire. Celui ci nous emmène au deuxième arrêt du téléphérique.

Récompense ; une vue magnifique et la descente en téléphérique est gratuite!

Le musée de demain (museo do amanha)

Source : museodoamanha.org

 

Les musées, en général parlent beaucoup du passé… Ce musée à l’architecture futuriste, en parle un peu moins. Il se concentre plus sur aujourd’hui, et surtout sur demain. Les expositions, souvent interactives, nous invitent à nous questionner sur des thèmes sociétaux et environnementaux de notre époque… et du futur.

C’est une belle visite, d’autant plus que le musée est idéalement situé, en bord de mer.

Gratuit les mardis!

Niteroi

Cette ville située juste en face de Rio est accessible par ferry ou alors en prenant le bus qui traverse le pont la reliant à la cidade maravilha. C’est une chouette visite à faire tout proche de Rio. Niteroi compte plusieurs plages, et un immanquable marché au poisson (si on aime ça).

Son emblème c’est surement le bâtiment en forme de soucoupe volante qui abrite le Musée d’Art Contemporain.

La colline des deux frères (morro dos dois irmaos)

Ca c’est la vue que m’avait vendue mes amies et que j’étais censée avoir en arrivant…Ce qui m’attendait le jour de mon ascension était en réalité une superbe purée de pois, snif.

Pour atteindre le morro dos dois irmaos, dont on dit que le sommet offre la plus belle vue de Rio, il faut traverser une favela pacifiée appelée Vidigal.

Des favelas on en trouve partout à Rio, souvent à flanc de collines, ce ces tristement célèbres bidonvilles que l’on voit dans La cité des Dieux. Plus ou moins « bien » construits, ils abritent les classes moyennes-basses et pauvres des cariocas. Généralement insalubres, mal raccordées au réseau de transport, elles sont rongées par les guerres de gangs, les violences et les trafics en tout genre. Ce sont aussi les berceaux d’une culture populaire vivante et intarissable, les lieux de naissance d’emblèmes du Brésil tels que la samba ou le forro. Ce sont les sourires et l’amabilité d’une population vulnérable qui cherche à s’en sortir dans un pays où l’inégalité sociale est criante.

Depuis plusieurs années les UPP (unités de police pacificatrice) « pacifient » les favelas, en y délogeant les trafiquants. Si ces interventions sont controversées, elles ont le mérite de rendre moins « enclavées » certaines favelas. Vidigal est l’une d’elle, tout comme Santa Marta ou Babilonia.

Pour plus d’infos, ce mini reportage d’Arte est assez intéressant.

Mais revenons-en à nos collines!

On accède facilement à Vidigal en transport en commun par l’avenue Niemeyer. Ensuite les mototaxis qui stationnent aux pieds de la colline déposent les visiteurs au départ du sentier de randonnées pour 5RS (il y’a aussi des vans mais c’est plus cher).

Comme vous l’avez compris, le temps n’a pas voulu collaborer ce jour là et malgré mes espoirs que la vue s’améliore au fur et à mesure que j’approchais du sommet rien n’y a fait, Rio se cachait derrière la brume. La seule qui osait se montrer c’est Rocinha, la plus grande favela de Rio qu’on aperçoit du haut du « deuxième frère ».

Malgré la déception j’ai beaucoup aimé cette petite randonnée. A la descente on peut s’arrêter au Bar de Laje pour se rafraichir ou se gaver de coxinhas dans une des lanchonete du quartier. Je n’ai pas eu de belles photos mais j’ai eu des coxinhas.

Les plages de Rio

Source : Riotur

Comment parler de Rio sans évoquer ses plages? Copacabana, Ipanema, Leblon, Praia vermelha, Barra de Tijuca, Arpoador… la ville en recèle. Si on a le temps, elles valent toute une visite!

Les cariocas adorent s’y retrouver pour jouer au beach volley, et les filles sont loin d’avoir peur d’y montrer leur itsy bitsy petit bikini, merci les années 60!

Et bien plus encore

Rio de Janeiro est une ville qui offre une multitude de choses à faire!

Pour celles et ceux qui aiment les marchés  il y’a le marché Hippie près d’ipanema, le marché uruguaiana, le marché du nordeste et je ne sais combien d’autres. Pour les fanas de dance et de musique il y’aura toujours une fête ou une représentation quelque part. Les sportifs trouveront leur compte avec les nombreuses ascensions de « morros », la possibilité de pratiquer des sports d’eau ou de soutenir corps et âmes un des clubs de foot de Rio. Les amoureux de la nature pourront se promener dans la forêt de Tijuca ou visiter le jardin botanique. Les plus chill pourront se reposer à loisir sur les nombreuses plages qui bordent la ville.

Les gourmands, les artistes… Rio de Janeiro ne laisse personne en reste, elle a quelque chose pour chacun.

Rio est forte de ses contrastes.

Piste de décollage d’hélicoptère pour touristes, Pain de sucre
Un couple brésilien dans la baie de Guanabara

Rio de Janeiro en pratique

Se déplacer à Rio

Les transports en communs fonctionnent très bien à Rio. La ville dispose de plusieurs lignes de métro, de bus, de navettes fluviales (pour aller à Niteroi par exemple) etc…

Uber est un précieux allié pour ceux qui rentrent tard le soir.

Durant mon séjour j’ai énormément utilisé Bike Rio, un service public de location de vélo géré par la municipalité. Il y’a pas mal de bornes dans la ville et l’application fonctionne bien! Les tarifs débutent à 5RS la journée (à peine plus d’1€) et l’offre mensuelle est à 20RS.

Se loger à Rio

Si beaucoup de visiteurs choisissent les fameux quartier de Copacabana ou celui d’Ipanema, ils n’ont pourtant pas ma préférence…

Pour une première visite je recommande Botafogo qui à mon goût réunit beaucoup d’avantages pour peu d’inconvénients : central il est très bien desservi par les transports en communs, il n’est pas en hauteur (pensées pour les genoux, les sacs, les valises à trimballer dans Santa teresa où les taxis refusent souvent de monter à certains moments aie aie…), les prix sont raisonnables, le niveau de sécurité est acceptable etc… Dans le même genre les quartiers de Flamengo, Gloria ou Catete m’ont plu. Ils ont ce côté « populaire » que j’apprécie en voyage.

Comme j’étais en volontariat j’avais un logement, je n’ai donc pas dormi en auberge mais je recommande le Discovery Hostel (Gloria) où je suis allée plusieurs fois, accueil au top, bien situé et les dortoirs avaient l’air bien.

La sécurité à Rio

Rio à souvent mauvaise réputation quand on en vient à parler de la sécurité. Est-ce mérité? Je ne peux pas dire catégoriquement que non, mais des précautions simples éviteront bien des ennuis. Tout comme à Salvador de Bahia, une autre de mes villes coup de coeur du Brésil, la délinquance est assez élevée à Rio, alors mieux vaut ne pas tenter le diable. N’emmener que le strict nécessaire avec soi lorsque l’on sort, ne pas arborer de signes de richesse tels que des grosses montres, ou bijoux, ou l’appareil nikon avec son téléobjectif autour du cou… faire attention à l’usage de son portable, ne pas le sortir à tout vent, autant que faire ce peu éviter de marcher (surtout seul) à la nuit tombée etc. Bref, essentiellement des règles de bon sens pour une ville sud américaine.

Et le plus important : profiter! Rio est une ville fabuleuse qui mérite amplement d’être découverte!

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